Une lagune plate où l’on a souvent pied, adossée à la plus grande réserve à oiseaux du Maroc — Moulay Bousselham, c’est une session d’un autre genre. Ce village balnéaire à mi-chemin entre Tanger et Rabat est posé là où la Merja Zerga rejoint l’océan, et tu repars avec deux plans d’eau en un voyage : un flat thermique d’été abrité derrière le cordon de sable, et la plage atlantique ouverte avec ses vagues. Le cadre est rare. La prudence qu’il réclame aussi : une passe à fort courant, et une réserve RAMSAR dont personne n’a tranché le statut kite.
Ici, la faune passe d'abord et le kite ensuite — et c'est tout le charme. La plupart des gens rencontrent la Merja Zerga depuis une barque à oiseaux, à glisser au milieu de dizaines de milliers d'oiseaux hivernants, bien avant de penser à une aile. Le site se lit en deux plans d'eau. Derrière le cordon de sable, la lagune s'étale plate, peu profonde et abritée — souvent à hauteur de pied — un bac à sable naturel qu'on kite dans presque toutes les directions par bon thermique d'été. Devant, la plage océane prend la houle. Mais le vrai gardien du lieu, c'est la passe, où lagune et océan échangent leur eau par un courant de marée fort sur un chenal mouvant et ensablé — et il n'y a aucun secours si ça tourne mal. On vient pour le cadre rare et l'eau lisse, mais on reste vigilant sur la marée, le vent du jour, et une réserve à oiseaux dont personne n'a entièrement fixé les règles kite. Un spot pour les patients, pas pour les insouciants.
Au cœur de la lagune, par bon vent thermique et loin de la passe, c’est un terrain plutôt débutant à intermédiaire : eau plate, peu profonde — on a souvent pied — et de la place pour le freestyle ou le foil. Les sources la décrivent comme un « terrain d’apprentissage naturel ». Mais deux réserves durcissent ce niveau. D’abord, il n’y a aucune infrastructure de secours sur place : pas de bateau, on ne compte que sur soi et son binôme, surtout hors été. Ensuite, le vent est inconstant — moins fiable qu’à Dakhla ou Essaouira — et la passe à l’embouchure est traversée d’un courant fort. Près de la passe, ou par vent d’Est qui pousse vers l’océan à vagues, ce n’est plus un spot d’apprentissage autonome.
source : unplug-kitesurf.com ↗La saison vit au rythme du vent thermique et des alizés (Passat) : du printemps à l’automne, avec un pic en juillet-août où les après-midis poussent un vent exploitable. L’hiver est creux, peu de jours ventés. La lagune se travaille surtout à marée haute, quand elle se remplit. Côté eau : environ 18 °C l’hiver, 23 °C l’été ; pour l’air, de 20 °C l’hiver à 25-35 °C l’été. Combinaison : intégrale l’hiver, shorty à la mi-saison, shorty ou short l’été.
source : unplug-kitesurf.com ↗On arrive par la route depuis Tanger via Larache, le village étant à mi-chemin de Rabat, à environ 70 km au nord de Kénitra. Plage de sable avec parking puis courte marche. Sur place, deux plans d’eau à ne pas confondre : la lagune de Merja Zerga s’étend au sud du village, derrière un cordon sableux — eau plate, peu profonde, environ 1,5 m de profondeur moyenne ; l’océan, lui, c’est la longue plage ouverte, avec des vagues. La lagune communique avec l’océan par une passe au nord, près du village.
source : unplug-kitesurf.com ↗Le spot reste peu équipé, sans commune mesure avec Dakhla ou Essaouira. Une seule structure ressort des fiches kite, Saysay Surfshop, et l’hébergement est basique. Le village s’anime surtout l’été, avec baigneurs et vacanciers ; hors saison, c’est calme et isolé. Concrètement, on vient ici en autonomie, avec son matériel et un binôme, sans attendre l’assistance qu’on trouverait sur un spot développé.
source : unplug-kitesurf.com ↗Le danger numéro un, c’est la passe entre la lagune et l’océan, et le courant de marée qui la traverse. Des mesures scientifiques donnent un courant de flot atteignant environ un mètre par seconde dans les passes et sur les hauts-fonds, et des vives-eaux d’été jusqu’à 0,9 m/s — c’est fort. La passe est en plus instable et ensablée, un secteur mobile. Un kiteur déventé ou tombé près de l’embouchure peut être drainé par le courant : vers le large en jusant, vers l’intérieur en flot. La marée commande aussi le niveau d’eau de la lagune, qui se remplit et se vide : on travaille surtout à marée haute. On reste donc à bonne distance de la passe et on cale sa session sur la marée.
source : mdpi.com ↗Sur l’océan, le vent porteur souffle sideshore, du nord-nord-est ou du sud-sud-ouest, le long de la plage. Le danger directionnel, lui, c’est le vent d’Est : sur l’océan il est offshore, il pousse vers le large. Par vent d’Est, ne pas s’engager vers le wave spot ni vers l’océan ouvert — on serait poussé au loin sans secours derrière. Sur la lagune abritée, le vent peut venir de presque toutes les directions, mais un vent d’Est y reste offshore par rapport au cordon et à la passe : prudence du côté de l’embouchure. À cela s’ajoute un vent simplement inconstant — moins fiable que sur les grands spots marocains — donc des risques de lâchage à anticiper.
source : web.kite-and-windsurfing-guide.com ↗La lagune de Merja Zerga est une réserve protégée à plusieurs titres : site RAMSAR depuis 1980, Réserve Biologique Permanente depuis 1978, SIBE et zone d’importance pour les oiseaux, où des dizaines de milliers d’oiseaux hivernent. Les activités tolérées et documentées y sont non motorisées et encadrées — tours en barque guidés par les pêcheurs, kayak. Le statut du kitesurf sur la lagune n’est, lui, ni confirmé autorisé ni confirmé interdit par les sources : il pourrait être restreint ou interdit pour ne pas déranger l’avifaune. Ne jamais considérer la lagune comme un spot kite libre ; se renseigner localement, auprès du gestionnaire (Eaux & Forêts) ou des écoles, avant toute mise à l’eau. Par ailleurs, il n’y a aucune infrastructure de secours sur place — pas de bateau, surtout hors été : on ne compte que sur soi et son binôme.
source : rsis.ramsar.org ↗Ces espaces se rempliront avec les retours de la communauté.